On peut dire que ce cycle solaire nous aura réservé (pour les observateurs terrestres du moins) de bonnes surprises.
Après mai 2024 et novembre 2025, voici la nuit du 19/1/2026 qui s’ajoute dans la liste des aurores boréales visibles de la petite Belgique.
Que s’est-il passé ?
Tout part de l’activité solaire intense et éruptive avec l’observation d’une éruption de classe X et de deux éruptions de classe M.
Rappel : les éruptions solaires se classent par leur puissance, avec une échelle logarithmique (chaque niveau suivant = 10x le précédant) codées avec des lettres allant de A à Z avec 10 sous-niveaux.
L’événement le plus important fut une éruption X1.9 (SIDC Flare 6678), ayant atteint son maximum le 18 janvier 2026 à 18:09 UTC, produite par le groupe de taches solaires SIDC 740 (NOAA AR 4341).

Presque simultanément, une émission radio de type II a débuté le 18 janvier 2026 à 17:59 UTC, indiquant la formation d’un choc et confirmant la présence d’une éjection de masse coronale (CME) associée.

La même région a également produit une éruption M1.2 (SIDC Flare 6681) culminant le 18 janvier 2026 à 21:47 UTC et une éruption M1.1 (SIDC Flare 6682) culminant le 19 janvier 2026 à 11:19 UTC.
Au total, c’est trois masses coronales qui se sont vues expulsées vers notre orbite, et cela à haute vitesse.
Le groupe de taches solaires SIDC 740, qui était situé près de S16E21, présentait une configuration magnétique bêta-gamma et avait continué à croître au cours des dernières 24 heures précédant l’éruption.
Une autre région complexe, le groupe de taches solaires SIDC 763 (NOAA AR 4343), montre également une configuration bêta-gamma mais a présenté des signes de déclin durant la même période.
Rem : configuration magnétique « bêta-gamma » indique que les taches solaires possèdent un champ magnétique complexe et instable, capable de libérer beaucoup d’énergie, ce qui augmente nettement le risque d’éruptions solaires puissantes et d’événements géomagnétiques affectant la Terre.

Éjection de masse coronale
Compte tenu de la localisation de la source et de la forte association avec l’éruption et l’émission de type II, la CME était dès le début considérée comme dirigée vers la Terre. Ce qui a surpris les modèles prévisionnels fut sa vitesse.
Originellement prévue au environ de 400 – 770 km/s, elle s’est avérée se déplacer à uen vitesse de l’ordre de 1000 – 1700 km/s, avec une arrivée attendue qui fut largement plus rapide.
Première alerte
La première alerte a été donné par les observatoires vers 20h locale…
Dès 21h, il y a avait des traces d’activités aurorales sur les hautes montagnes. Avec l’arrivée attendue de la CME rapide et de son choc associé, une tempête géomagnétique était possible, avec une activité pouvant atteindre des niveaux de Kp compris entre 7 et 8 (et un Bz, indice indiquant jusque où descend l’inluence de l’aurore, jamais vu jusque ici).

En finale, le niveau fut classifié comme « severe » (S4) le placant de-facto au niveau des plus grandes tempètes depuis 20 ans.
Les images
Les fils de messagerie instantanée du club furent rapidement remplis de messages… Et d’images !
A 22h17

Région de Gembloux

Région de Zaventem
Et puis les régions diverses se sont enchainées…







Etc… Sur les « fils » des clubs de la fédération, on a largement atteint plus de 300 images… Un beau souvenir pour ceux qui sont sorti et on pu l’observer
Attention au « Fakes »
On a rapidement vu apparaître des « fakes » concernant les aurores visibles (avec des cas impossibles) mais que les images étaient transmises comme réelles.
Il a suffit d’un « prompt » du genre « transforme l’image fournie en rajoutant une aurore boréale en arrière plan » pour obtenir…

Spectaculaire, certes, mais pourtant impossible…
Donc : même dans ce cas, il faut garder son esprit critique et réflechir à chaque image proposée.

