Sur base de l’article : https://www.aanda.org/articles/aa/full_html/2026/03/aa58913-26/aa58913-26.html
Faisons un parallèle : l’archéologie terrestre étudie le passé de l’humanité tandis que l’archéologie galactique retrace le passé de notre « home » galactique, la Voie Lactée.
Pour étudier les migrations des peuplades sur la surface terrestre, on se base sur toutes les traces pouvant subsister à travers les âges : habitats, sépultures, ossements, traces biologiques ou même : de documents.
Pour faire de même avec une galaxie, il faudra étudier le parcours des étoiles et des galaxies qui la compose au travers du temps. Dans notre cas, on sait que notre Soleil est né il y a environ 4,6 milliards d’années et cela à plus de 10 000 années-lumière du centre de la Voie lactée que nous voyons aujourd’hui.
L’étude des groupes d’étoiles au sein de notre galaxie, ainsi que la composition de celles-ci ont corroboré la théorie de cette migration, mais elle a aussi longtemps constitué une énigme pour les scientifiques, car les mêmes observations révèlent une barrière » (nommée de « corotation ») qui empêche les étoiles de s’en échapper, et donc, de migrer comme on le supposait.
Comment en sommes-nous arrivés là ? L’article en question présentant l’étude une équipe dirigée par Daisuke Taniguchi, professeur adjoint à l’Université métropolitaine de Tokyo, et Takuji Tsujimoto, de l’Observatoire astronomique national du Japon, fournit quelques réponses.
Cette large étude vise l’examen des « jumeaux » solaires qui sont des étoiles dont les paramètres stellaires (c’est-à-dire la température effective, T eff ; la gravité de surface, log g ; et la métallicité, [M/H]) sont très proches de ceux du Soleil.
Pour chercher ses jumeaux, on se base sur l’âge du Soleil qui a été mesuré avec précision grâce à l’héliosismologie et la datation radiométrique des météorites qui ont conclu que l’âge du Soleil (ou du système solaire) est d’environ 4,5 à 4,6 milliards d’années. Nous appliquons ici notre procédure de détermination de l’âge au Soleil afin de vérifier si nous pouvons retrouver cet âge.
Pour obtenir le catalogue le plus complet possible de candidats jumeaux solaires de haute qualité, l’approche la plus efficace fut d’exploiter le catalogue (GSP-Spec) General Stellar Parametrizer from Spectroscopy, collecté depuis l’espace par la mission ESA/ Gaia et publié dans le cadre de la troisième publication de données Gaia (DR3).
En utilisant ces données, ils ont ainsi créé un catalogue de 6 594 « jumeaux » solaires, une collection environ 30 fois plus importante que les études précédentes sur le sujet.

En analysant la distribution des âges, ils ont constaté un large pic pour les étoiles âgées d’environ 4 à 6 milliards d’années : notre Soleil en fait partie, ce qui témoigne de la présence d’étoiles similaires, d’âge comparable, situées à une distance comparable du centre de la galaxie.
Conclusion immédiate : notre Soleil occupe sa position actuelle parce qu’il a fait partie d’une migration stellaire bien définie, elle même liée à l’évolution de la galaxie elle-même.

Or, avec cette barrière de corotation, cela n’aurait pas être possible, sauf si cette structure était encore en formation, et moins active, au moment de cette migration. L’âge de nos « jumeaux » stellaires révèle donc la date de l’éjection de matière, mais aussi la période durant laquelle la barre s’est formée.
Cela montre un facteur déterminant pour la migration de notre système Solaire dans une région de la galaxie où les organismes ont pu se développer et évoluer de la manière que nous connaissons.

