Les cibles de juin

Si un ciel apparait entre les orages, quels objets du ciel profond sont bien positionnés pour l’observation ? Voici quelques suggestions parmi bien d’autres objets possibles.

SH 2-45

Mag.: N/A Size: 1º

Image : ESA

Les 313 objets du catalogue de Sharpless (SH) se chevauchent avec de nombreux autres catalogues, comme les 110 objets du catalogue de Messier (M), les 7 840 objets du New General Catalogue (NGC), le catalogue de Caldwell (C) (qui est lui-même le florilège des autres catalogues avec 109 objets), le catalogue RCW (RCW) ou encore l’Index Catalogue (IC).

Dans le cas de SH2-45, couvre notamment M17, NGC 6618, Sh2-45, RCW 160, Gum 81 et la Nébuleuse de Swan.

Pour capturer cette région, une astrophoto longue (plusieurs heures peuvent être largement cumulées) et l’usage d’un ou des filtres préviliégiant H-alpha, OIII ou SII sont recommandés.

Small Sagittarius Star Cloud

Mag.: 2.5 Size: 2º

Image : DSS

Le Petit Nuage d’étoiles du Sagittaire, ou M24, situé dans la constellation du Sagittaire, n’est pas un objet distinct comme un amas ou une nébuleuse.

C’est une vuse sur la poussière cosmique environnante, et les régions profondes de la Voie lactée dans le bras spiral du Sagittaire.

Une très grande concentration d’étoiles de types et de couleurs différentes. Visible à l’œil nu comme une tache floue, M24 brille véritablement aux jumelles, se révélant sous forme d’un point lumineux unique.…

M 92

Mag.: 6.5 Size: 11.2′

Image : ESA

M92 est un amas globulaire situé dans la constellation d’Hercule à environ 25 775 a.l. (8,3 kpc) du Soleil et à 31 310 a.l. (9,6 kpc) du centre de la Voie lactée.

Il a été découvert par l’astronome allemand Johann Elert Bode en 1784. Charles Messier le découvrit indépendamment et l’inscrivit à son catalogue le 18 mars 1781. L’astronome français Jérôme Lalande a aussi enregistré cet amas le 25 mai 1795. William Herschel a été le premier à résoudre M92 en étoiles en 1783.

Étant situé dans la constellation d’Hercule, dans lequel se trouve également le Grand Amas d’Hercule M13, il est moins souvent observé que ce dernier, bien qu’il soit tout aussi spectaculaire.

Le repérage de l’amas est cependant plus difficile que M13. Un moyen est de le rechercher est de partir du nord-est du milieu du segment reliant les étoiles Iota à Eta de la constellation d’Hercule.

L’amas est visible avec des jumelles et a alors l’aspect d’une tache blanchâtre diffuse. Un télescope de 200 mm permet de le résoudre dans de bonnes conditions d’observations.

Cat Eye Nebula

Mag.: 8.1 Size: 37″

Image : ESA, NASA

La nébuleuse de l’Œil de Chat ou NGC 6543 ou Caldwell 6 (C6 du catalogue de Caldwell) est une nébuleuse planétaire de la constellation du Dragon.

Cette nébuleuse planétaire à la forme spectaculaire et complexe est composée de multiples couches de gaz brillants, formées par l’éjection gazeuse convulsive des couches externes de son étoile centrale (de la taille du Soleil) devenue une naine blanche en évolution stellaire finale de fin de vie.

À l’image de nébuleuses planétaires telles que NGC 6751 (surnommée « nébuleuse de l’Œil étincelant » ou NGC 7293 (surnommée « l’œil de Dieu »), elle est nommée d’après sa morphologie inspirée d’une forme d’œil de chat.

La nébuleuse NGC 6543 est située à environ 5,0 degrés au nord-est de Zeta Draconis, une étoile binaire de magnitude égale à 3,17.

L’Œil de Chat a été la première nébuleuse planétaire observée avec un spectroscope à prisme par William Huggins le 24 août 1864. Dans son laboratoire privé, lui et son épouse ont réalisé de nombreuses observations des lignes spectrales d’émission et d’absorption de divers corps célestes.

Oui mais tout cela, c’est difficile à observer !

On entend souvent cette remarque de débutants, qu’en est-il en pratique ?

Qualité du ciel : la première condition… Un ciel totalement urbain est évidemment le premier obstacle à vaincre, et seuls les télescopes automatisés (avec « Go to » ou recherche plus ou moins évolué) permettent de les trouver à coup sur dans le ciel.

Diamètre du télescope : pour voir des objets faibles, il faut un diamètre adapté ou une caméra sensible. Qu’utilisait les illustres découvreurs de ces objets ?

Stewart Sharpless : né en 1926 et décédé en 2013, a utilisé tous les moyens professionnels disponibles dans le cadre de sa profession.
Dès les années 1950), il n’observait plus directement à l’œil nu à travers un oculaire et a principalement scruté des plaques photographiques géantes issues de relevés célestes professionnels. Il utilisa (notamment) des télescopes de 1,83m et de 35cm, dont le dernier, muni de filtres très sensibles dont l’usage lui a donné l’envie de créer son catalogue.

Charles Messier : a utilisé plus d’une douzaine d’instruments différents tout au long de sa carrière d’astronome au XVIIIe siècle, alternant entre des lunettes (réfracteurs) et des télescopes à miroirs (réflecteurs).
Ces instruments étaient de conception modeste par rapport aux standards actuels, avec des diamètres principalement compris entre 50 mm et 200 mm. Au vu de la qualité des optiques, tous les télescopes d’entrée de gamme et les jumelles actuels (dès 30 mm) dépassent largement les performances de ces télescopes historiques.

Johann Elert Bode : a fini par utiliser des télescopes de l’observatoire de Berlin, mais a généralement observé avec sa lunette de 90mm de très bonne qualité, qui est équivalent à une lunette de 60-80mm actuelle.

William Herschel : ne se contentait pas d’acheter ses instruments : il était un constructeur de génie et a fabriqué plus de 400 télescopes au cours de sa vie. Délaissant rapidement les lunettes, il s’est spécialisé dans les télescopes réflecteurs (à miroirs) coulés dans un alliage de cuivre et d’étain (le speculum metal), augmentant de manière spectaculaire le diamètre de ses instrument.
Bien qu’il ait construit plus grand, un télescope d’une focale de 20 pieds (6,1 mètres) et d’un miroir de 18,7 pouces (47 cm) est resté son véritable outil de travail quotidien. Cet instrument puissant mais encore maniable lui a permis de réaliser ses monumentaux catalogues de 2 500 nébuleuses et amas d’étoiles, assisté par sa sœur Caroline Herschel
Si il avait connu la qualité actuelle de métallisation des miroirs, qui sait ce qu’il aurait découvert !

Maniés à la main, sans moteur ni ordinateur, avec des performances comparables à un petit télescope actuel, ces découvreurs ont pu observer ces objets…. A vous de jouer !

Rem : Stellarium… Une préparation de l’observation sous cet outil est une aide appréciable à la recherche !