Dans les années 60’s, avec une technologie totalement nouvelle pour l’époque, on a atteri (plusieurs fois) sur la Lune….
La puissance de l’ordinateur de bord de l’époque serait largement dépassé par le moindre smartphone low-cost d’aujourd’hui. Et la puissance de calcul disponible pour les trajectoires est aujourd’hui des miliers de fois plus grande que dans les années 60 et 70…
Et pourtant… Cela parait bien compliqué d’y retourner avec des humains… Et cela pour tout le monde sur la planète !
Pourquoi cela ?
Les raisons sont multiples, et pas si évidentes que l’on pourrait le croire…
On a perdu l’expertise
Un facteur souvent négligé : la longue période d’inactivité dans ce domaine. Entre Luna 24 en 1976 (soviétique) et Chang’e 3 en 2013 (Chinois), une interruption de près de 40 ans dans les missions lunaires.
Perte d’expertise
La conquète spatiale, ce n’est pas que des outils, ce sont des hommes et des techniques aussi ! La disparition des compétences techniques spécifiques, acquises sur le terrain a largement impacté la suite des développements. Pour certains domaines, il a fallu repartir à zéro, mais sans pouvoir le tester !
Évolution technologique
Calculs, matériaux, systèmes, modèle de propulsion, ordinateurs et j’en passe : plus rien ne colle avec les réalisations du passé, il a fallu réadapter les anciennes méthodes aux nouvelles technologies et souvent, là, aussi, repartir de zéro pour faire mieux et plus adapté.
Manque de retour d’expérience
Pas d’atterrissage = pas de retours d’expérience = pas d’apprentissage de ses erreurs. On est dans la théorie en ce qui concerne la Lune et dans le spatial, elle doit être validée par l’expérience. Surtout que les objectifs ne sont pas les mêmes : ici, on ne doit pas simplement « explorer et repartir », mais bien « séjourner et y survivre ».
Conclusion : cette longue pause à entraîné une discontinuité de connaissances. Et spécifiquement dans le développement des technologies d’alunissage, très souvent c’est une perte totale de repères entre les connaissances acquises lors des missions Apollo et Luna et les possibilités disponibles actuellement. On peut faire mieux, oui, mais il faut y réfléchir !
D’autant plus que l’argent ne coule plus à flot…
Le budget avant tout…
L’approche moderne de l’exploration lunaire diffère radicalement de celle de la course à l’espace ! On ne veut plus explorer, mais exploiter.
La Nasa n’est la seule en charge, et a choisit le partenariat avec le secteur privé à travers son programme commercial Lunar Payload Services (CLPS).
Afin de plaire au Congrès Américain, ce partenariat devait théoriquement :
- Réduire les coûts des missions lunaires, avec un contrôle accru des dépenses lors de l’établissement des contrats et objectifs.
Et en même temps, de définir des objectifs clairs dans les développements et éviter les errements des années 60. - Stimuler l’innovation avec l’industrie spatiale américaine, on vise des succès industriels comme dans le passé. L’espace ne doit pas seulement couter, mais rapporter !
- Accélérer le rythme des missions vers la Lune, rendant le vol Lunaire largement plus compétitif. A terme, l’exploitation lunaire devra couvrir totalement les frais des technologies nécessaires pour y accéder.
Oui… Mais : les « privés » sont des « newbies » aussi !
Elles doivent innover, avec des budgets très limités et quasi aucune marge de manoeuvre en cas d’échec. Donc : on y va pas à pas, et on vérifie chaque étape… Ce qui demande : soit du temps, soit des moyens !
Si on a les moyens, on applique le « fail fast, learn faster » (échouer rapidement pour apprendre plus vite). On accepte un taux d’échec plus élevé à court terme (et donc des frais énormes dans le matériel et infrastructure souvent détruits), dans l’espoir que les résultats sur le long terme l’emportent ensuite.
Un modèle évident de l’application de cette technique : SPACE X
La mise en place des techniques de réutilisation des lanceurs a été un « booster » pour cette société. Mais rien ne dit que dans le domaine lunaire, elle pourra y réussir encore une fois. Surtout que les coûts du « fail » risquent de dépasser largement tout bénéfice lié à une réussite possible.
Si on n’a pas les moyens, on « fail », mais de la manière la plus contrôlée possible (max de retours pour la perte engagée). Car le budget n’est pas extensible, donc : on prend son temps…
Y compris en terme humain…. Cela fait 50 ans que l’on n’a (et heureusement) guère perdu de vie humaine dans cette conquête spatiale, car on a pris d’immenses précautions.
Et la perte humaine est devenue quasi inacceptable au grand public, dans la conquête spatiale du XXIème.
Ex : un « Thomas » bien connu disparaissant suite à un défaut de pressurisation de sa tenue spatiale, qui n’aurait pas subie tous les tests nécessaires (pour diminuer le coût)… Je vous laisse imaginer l’impact !
En soit, les contraintes élevées du projet lui-même risque de tuer le but du projet…
Mais alors, à quand la Lune ?
Malgré les défis actuels, l’avenir de l’exploration lunaire reste prometteur.
On continue à obtenir des données et accumuler de l’expérience avec tout l’investissement actuel et on revient (doucement) au niveau de jadis… Mais encore sans l’expérience.
D’autant plus que la course entre nations rajoutent un piment politique à « celui qui y sera le premier »… Comme dans le passé. L’engagement renouvelé des agences spatiales et des entreprises privées laisse présager une accélération des progrès technologiques dans ce domaine.
Faut-il vraiment des êtres humains sur la Lune ?
Si on omet la gloriole des politiques… Disons clairement que l’humain devrait théoriquement être le dernier à poser le pied sur la Lune, en laissant d’abord aux robots le soin de lui aménager un environnement compatible avec ses exigences de vie…
Les progrès récents et foudroyants de l’IA rendent cette performance, jadis considérée non réaliste, parfaitement envisageable de nos jours.
Un simple atterrisseur Lunaire, non pressurisé pourra améner 10 robots pour la même charge utile qu’un être humain (surtout en considérant tout ce quilui est nécessaire).
Il ne manque que l’énergie, et le fait d’envoyer des centrales nucléaires pour alimenter en électricité des « outils lunaires » pourrait largement aider dans c domaine. Et sans risque de contamination en cas de problème.
Mais pour cela… Il faudra encore : du temps !



























