
Bételgeuse est une supergéante rouge située dans la constellation d’Orion, distante d’environ 650 années-lumière de laTerre.
Son diamètre est environ 1 000 fois plus grand que celui du Soleil, elle pèse entre 14 et 20 fois la masse de notre Soleil.
C’est l’une des étoiles les plus brillantes du ciel nocturne, malgré des variations erratiques de luminosité. Très fort observée depuis l’antiquité et analysée (assez proche de nous, on analyse sa surface), sa surface est très irrégulière et bosselée en raison de gigantesques bulles de gaz chaud.
Très jeune (notre Soleil a 4,6 milliards d’années) avec de 8 à 10 millions d’années, elle vieillit cependant vite à cause de sa masse.
Bételgeuse a épuisé l’hydrogène de son cœur et fusionne actuellement son hélium. Son destin est scellé : elle finira par s’effondrer sur elle-même pour exploser en supernova de type II.
Quand cela va-t-il se passer ? Les estimations varient. Cela pourrait survenir demain comme dans 100 000 ans. Lors de l’explosion, Bételgeuse deviendra si brillante qu’elle sera visible en plein jour pendant plusieurs semaines, brillant d’un éclat comparable à celui de la Pleine Lune.
Et ses variations sont scrutées… Car la luminosité de Bételgeuse varie constamment. En tant qu’étoile variable semi-régulière, elle suit plusieurs cycles naturels de pulsation.
Les anomalies
2019 – 2020 : une chute de luminosité spectaculaire, la luminosité s’effondre brutalement de 40 % à 60 %. À l’œil nu, le changement est si flagrant que la forme de la constellation d’Orion semble tronquée.
On s’attend à tout…
Les télescopes de l’ESO révélent qu’une gigantesque bulle de gaz chaud expulsée par l’étoile s’est refroidie en s’éloignant, se transformant en un nuage de poussière opaque qui a fait écran entre Bételgeuse et la Terre.
Le calme revient…
Printemps 2023 : un sursaut d’activité exceptionnel, atteignant 140 % de la luminosité habituelle. Et… Elle se calme ensuite.
Début 2024 : les astronomes amateurs et professionnels ont noté une nouvelle baisse significative, mais moins forte que 2019. Ensuite, la luminosité revient.
Bref ; elle laisse planer le suspense… Et on s’interroge toujours sur la raison de ses variations.
Et finalement… Elle devient une binaire !
Pendant plus d’un siècle, les astronomes ont soupçonné la présence d’un astre caché pour expliquer les variations cycliques à long terme de sa luminosité.
Une équipe internationale menée par l’astronome Miguel Montargès à l’Observatoire de Paris vient de partager la première preuve photographique directe de sa compagne stellaire : Bételgeuse B (surnommée Siwarha ou Siwara en arabe, signifiant « le bracelet »).
Il s’agit d’une jeune étoile de la séquence principale, mesurant entre 2,6 et 3,1 fois la masse du Soleil. Une orbite proche de l’étoile de seulement 8,8 unités astronomiques (UA), elle orbite en 5,5 à 6 ans et son orbite est si proche qu’elle traverse littéralement les couches gazeuses externes et ultra-dilatées de Bételgeuse.
Certains modèles suggèrent même que c’est l’interaction et la friction de Bételgeuse B qui influence les vairations, et pourraient même accélérer l’agonie de l’étoile, provoquant une fusion de leurs cœurs en moins de 10 000 ans.
Mais quand ? Bételgeuse se situant quelque part entre 500 et 700 années-lumière de la Terre, cela s’est peut-être déjà passé…
Et à l’humanité de continuer à l’observer !

